Fondation Lefoulon Delalande


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sommaireLa Fondation Lefoulon-Delalande

La Fondation Lefoulon-Delalande, créée en 2000, a pour objet de contribuer à la recherche médicale par l’apport de concours financiers. Elle récompense un chercheur ou une équipe de chercheurs pour les aider à poursuivre leurs travaux, notamment dans le domaine cardio-vasculaire :

  • le remplacement vasculaire, valvulaire, cardiaque ou pulmonaire, biologique ou mécanique,
  • la thérapie génique ou cellulaire cardio-vasculaire,
  • l’instrumentation cardio-vasculaire,
  • la différenciation cellulaire
  • et les malformations congénitales.

La Fondation décerne actuellement un Grand Prix scientifique et des bourses de recherche à des chercheurs post-doctorants travaillant à temps plein dans le domaine cardio-vasculaire au sein d'une structure de recherche française.

sommaireLe Grand Prix scientifique Lefoulon-Delalande

Le Grand Prix scientifique de la Fondation Lefoulon-Delalande, doté de 500 000 euros, est destiné à récompenser une personnalité scientifique ayant apporté une contribution scientifique importante en physiologie, biologie ou médecine cardio-vasculaire.

sommaireWilliam G. Kaelin, Peter J. Ratcliffe et Gregg L. Semenza lauréats du  Grand Prix 2012

Remise du Prix scientifique de la Fondation Lefoulon-Delalande à William G. Kaelin, Peter J. Ratcliffe et Gregg L. Semenza par Alain Carpentier  / cliché : Didier Plowy / Institut de FranceLe Grand Prix scientifique Lefoulon-Delalande 2012 est attribué à William G. Kaelin, Peter J. Ratcliffe et Gregg L. Semenza pour la découverte des mécanismes d'adaptation des tissus et organes aux besoins en oxygène.

Pour vivre et exercer leur fonction, les cellules de l’organisme ont besoin d’oxygène. Cette découverte fondamentale de Lavoisier n’avait, jusqu’à présent, reçu aucune explication concernant les mécanismes moléculaires en jeu. Le pas vient d’être franchi par les travaux de trois spécialistes anglo-saxons qui portent sur la détection et la réponse des cellules au manque d’oxygène ou hypoxie. Les mécanismes de base qu’ils ont découverts sont d’une importance considérable pour beaucoup de tissus et d’organes dont le système cardio-vasculaire particulièrement sensible aux variations du niveau d’oxygène dans les conditions normales ou pathologiques. Ces mécanismes sont également impliqués dans les tumeurs dont la croissance dépend de l’apport en oxygène du sang. 

Ces chercheurs ont d’abord démontré l’existence d’un système qui détecte et s’adapte à l’oxygène disponible à travers la modulation de l’expression de gènes. Peter Ratcliffe et Gregg Semenza ont simultanément identifié un élément de réponse à l’hypoxie qui régule la transcription de gènes en fonction du niveau d’oxygène. Ceux-ci incluent le gène d’érythropoïétine, mais aussi les gènes pour les enzymes métaboliques et les facteurs qui contrôlent la croissance de vaisseaux sanguins. Gregg Semenza a identifié le facteur induit par l’hypoxie (HIF-1), qui contient un domaine sensible à l’oxygène, et qui active les gènes quand le niveau d’oxygène diminue. La fonction de HIF-1 permet l’adaptation physiologique du système cardiovasculaire en hypoxie chronique. HIF-1a stimule la formation de vaisseaux sanguins par son effet sur la production du facteur de croissance vasculaire (VEGF). Ces travaux ont abouti à des essais cliniques basés sur une thérapie génique avec HIF-1a, pour le traitement de maladies artérielles périphériques. La caractérisation des différents domaines de la protéine, HIF-1a a permis à Peter Ratcliffe et William Kaelin de mettre en évidence l’interaction avec une autre protéine, dite de von Hippel-Landau (VHL) qui favorise les modifications de HIF-1a et conduit à sa dégradation. Les modifications dues aux enzymes, identifiées par Peter Ratcliffe, empêchent l’association de HIF avec ces co-activateurs essentiels pour sa fonction. L’une de ces enzymes, prolyl hydroxylase, est une nouvelle dioxygénase qui détecte directement l’oxygène. Deux essais cliniques sont actuellement en cours avec l’inhibiteur de ce type d’enzyme, qui pourront s’avérer utiles pour le traitement des maladies artérielles.

En conclusion, ces découvertes sont d’une grande importance scientifique. Les docteurs Kaelin, Ratcliffe et Semenza ont révélé les mécanismes de base qui permettent aux cellules de détecter et gérer un manque d’oxygène. La protéine HIF est un acteur majeur dans cette réponse qui peut être compromise par les enzymes qui la modifient. Ces recherches fondamentales ouvrent la perspective de nouvelles stratégies thérapeutiques avec des applications directes aux maladies cardiovasculaires.

sommairePrécédents lauréats

  • 2011 : Professeur Valentin Fuster Centre Médical du Mont Sinaï à New-York ;
  • 2010 : Professeur Michel Haïssaguerre, directeur du département des arythmies cardiaques au Centre Hospitalier Universitaire de Bordeaux, pour ses travaux sur le traitement des fibrillations auriculaire et ventriculaire ;
  • 2009 : Docteur Eric Olson, chef du département de Biologie Moléculaire à l’Université de Texas South Western Medical Centre à Dallas, pour ses travaux sur les mécanismes d’action des gènes de régulation responsables du développement du cœur ;
  • 2008 : Professeur Dario Di Francesco, du département biomoléculaire et de biologie de l’Université de Milan, pour ses travaux de recherche qui ont conduit à découvrir des canaux ioniques.

sommaireMembres du jury

  • Président du jury : Alain Carpentier, président de l’Académie des sciences, président du Conseil 
    scientifique de la Fondation Lefoulon-Delalande
  •  Kari Alitalo, membre de l’Académie des sciences de Finlande, laboratoire de biologie moléculaire de l’université d’Helsinki
  • Michel Bertrand professeur émérite à l’université de Lille
  • Margaret Buckingham, de l’Académie des sciences, directeur de recherche au CNRS et professeur à l’Institut Pasteur
  • Giovanni de Gaetano, directeur des laboratoires de recherche et formation en sciences 
    biomédicales à l’université catholique de Campobasso (Italie)
  • François Gros, secrétaire perpétuel honoraire de l’Académie des sciences
  • Michel Lazdunski, de l’Académie des sciences, directeur de l’Institut de 
    Pharmacologie Moléculaire et Cellulaire CNRS de Sophia 
    Antipolis
  • Claude Lenfant, directeur honoraire du National Heart, Lung and Blood Institute,
    National Institutes of Health (USA)
  • Dominique Meyer, de l’Académie des sciences, professeur émérite à l’université 
    Paris-Sud 11
  • Mona Nemer, vice-rectrice à la recherche à l’université d’Ottawa (Canada), 
    membre de la société Royale du Canada
  • Denis Noble, directeur du laboratoire de physiologie de l’université d’Oxford 
  • Bernard P. Roques, de l’Académie des sciences, professeur émérite à l’université 
    René Descartes
  • David D. Sabatini, membre associé de l’Académie des sciences, directeur du 
    département de biologie cellulaire à l’université de New York
    (USA)
  • Bengt Samuelsson, membre associé de l’Académie des sciences, Prix Nobel de 
    médecine 
  • Doris A. TAYLOR directeur du département de médecine régénérative au Texas Heart Institute de Houston (USA)